Tricot : recette du « Pull à Bouillotte »

Vous avez des restes de laine, potentiellement dans plusieurs couleurs (mais sensiblement de la même taille), et ne savez pas quoi en faire ? Vous avez froid en hiver et voulez une solution de chauffage portable ? Je vous présente donc la solution parfaite : la bouillotte avec un PULL ! Cette bouillotte tout à fait fashion saura faire des envieuxes dans votre entourage. L’accessoire indispensable et indémodable de votre hiver, la bouillotte vestimentée se fera une place dans n’importe quelle garde-robe, et s’adaptera à votre style grâce à ses pulls interchangeables !

Quoi ? J’en fait trop ? Bon, bon. Ok, c’est possible. N’empêche que c’est un bon accessoire à avoir quand le prix du chauffage augmente et qu’on n’a pas envie de gâcher de la précieuse laine qui nous restera, comme c’est souvent le cas, d’un autre projet (ou même de plusieurs). L’intérêt principal est de pouvoir remplir la bouillotte avec de l’eau très chaude sans se brûler, tout en conservant la chaleur plus longtemps, autant dire que ça n’est pas seulement gadget !

Ce que je vous propose ici n’est pas un patron à proprement parler, mais davantage une recette pour que vous puissiez couvrir n’importe quelle bouillotte avec virtuellement n’importe quel type de laine. J’ai beaucoup hésité mais comme on me l’avait demandé plusieurs fois, le voici !

Et, oui, je sais qu’on est en mai. J’ai un rythme de vie très chaotique, j’en suis navrée.


Vous devez avoir :
  • Une bouillotte (obviously), de la taille de votre choix
  • De la laine et les aiguilles adaptées
  • Un machin pour mesurer
  • Potentiellement des anneaux marqueurs, mais bon, c’est comme vous le sentez
  • Si vous avez plusieurs couleurs différentes et envie de faire un motif, la charte dudit motif

Si vous voulez reproduire le modèle présenté, j’ai utilisé de la laine Drops Alpaca, dans les couleurs suivantes :

  • Naturel
  • Gris Moyen
  • Chameau
  • Brun
  • Jaune d’or
  • Rouille
  • Violet foncé
  • Vert foncé

(Ui c’est un reste d’écharpe Doctor Who, voilà, vous savez tout.) (J’en ai même une en trop, si jamais ça intéresse quelqu’un.) (Wink wink.)

Ces précisions apportées, place au tricot !

Etape 1 : les mathématiques

Ne vous inquiétez pas, c’est minimaliste. La première chose à savoir est de vous demander si vous êtes du genre yolo et avez la flemme de faire un échantillon (comme moi-même), ou si vous êtes plus carré·e et préférez avoir votre échantillon (et toute mon admiration).
1) Pour le côté yolo de la force : regardez l’échantillon théorique de votre laine, sur l’étiquette.
2) Pour les sérieuxes : faites votre échantillon et comptez le nombre de mailles qu’il vous faut pour 10cm (on en aura besoin plus tard, alors gardez aussi le nombre de rangs sur 10cm dans un coin).

Fort·e de cette information, mesurez maintenant la largeur de votre bouillotte au plus bas, donc en général une zone plus petite, et multiplier cette largeur par 2 (pour faire le tour, évidemment)


On va maintenant faire un petit produit en croix pour savoir combien il faut monter de mailles. Si vous êtes du genre à stresser à la moindre notion mathématique, je vous fait un récap facile avec un exemple donc pas de panique, c’est tout bête.
Si notre bouillotte mesure 26 cm de large, donc 52 cm de tour, et que notre échantillon indique, par exemple, qu’il faut monter 16 mailles pour avoir 10 cm de large, alors on sait que :

Pour trouver X, on fait donc (52*16) / 10 = 83.2
On ne peut évidemment pas faire des morceaux de mailles, alors on peut partir sur 83. C’est pas mal ! Mais j’aime mieux les chiffres pairs, alors, pour nos exemples, on va partir sur : 82 (je tricote comme je cuisine : au jugé) (et ça fonctionne curieusement bien)

Etape 2 : Monter les mailles.

Voilà, vous savez combien de mailles il faudra monter. Ici, vous avez un choix à faire :

  • soit vous êtes ok avec les coutures et, dans ce cas, vous montez vos mailles en rond selon votre méthode préférée avec l’idée de refermer l’ouverture ultérieurement,
  • soit vous haïssez la couture du tricot d’une haine farouche (et êtes, par conséquent, mes amiEs), auquel cas il vous faudra choisir une méthode particulière pour monter vos mailles de manière à partir directement en rond à partir d’un centre tout propre. Ma méthode préférée est celle-ci : Judy’s magic cast-on

Vous allez maintenant monter le nombre de mailles décidé plus haut et vous lancer directement dans les augmentation. N’oubliez pas de bien séparer vos mailles en deux, chaque moitié étant une face de la bouillotte.

Etape 3 : Les augmentations

Arg, encore quelques maths, je suis désolée. Mais c’est très simple, juré !
Nous allons devoir chercher plusieurs informations : le nombre de mailles nécessaires pour l’essentiel du corps de la bouillotte, et le nombre de rangs à notre disposition pour réaliser les augmentations. Bon.

La première étape est de refaire notre produit en croix en modifiant uniquement la valeur de la largeur. Pour continuer sur le même exemple, si notre bouillotte mesure 32 cm de large pour le corps (c’est une énorme bouillotte, ok, j’ai pas réfléchis avant et maintenant IL EST TROP TARD POUR RECULER VOUS ENTENDEZ ?), donc 64 pour le tour complet, alors on sait que :

Pour trouver Y, on fait donc (64*16) / 10 = 102.4
Là encore on se permet un arrondi, pif paf pouf 102.

Si vous avez un motif ou un point particulier en tête, c’est le moment de procéder aux ajustements si vous voulez que ça tombe juste quand vous arrivez à la fin du rang (mais vous pouvez vous en foutre, c’est ok de finir à la moitié d’un motif, c’est sur la « tranche » donc vous le verrez assez peu et c’est votre tricot pour vous-même, vous serez seulE à vous juger !) (il y aura aussi moi, un peu, mais je suis psychorigide, faites pas attention). Le tricot est souple, on peut se permettre de rogner de quelques mailles. Augmenter davantage aussi, mais votre pull risque d’être moins ajusté, c’est un choix à faire.

Vous connaissez maintenant votre notre maximum de mailles (102), et vous avez déjà monté vos mailles de départ (82). Vous aurez donc : 102-82 = 20 mailles à ajouter grâce aux augmentations.

On va maintenant vérifier notre échantillon pour une donnée qu’on a laissée de côté jusque là : le nombre de rangs. Imaginons qu’il nous faut 20 rangs pour 10 cm. Bien. On va aussi regarder sur notre bouillotte la hauteur entre le point le plus bas (et fin) de la bouillotte et le point où elle atteint sa pleine largeur. Petite illustration pour, ben, illustrer de manière illustrative :

Mettons qu’on a, au pif, 4 cm. C’est le retour du produit en croiiix !

Pour trouver Z, on fait donc (20*4) / 10 = 8
On sait donc qu’il faut 8 rangs de hauteur pour atteindre la plus grosse largeur avant de prendre notre rythme de croisière, parfait !

SAUF QUE !
On va bien évidemment monter 4 fois par rang : une fois au début et une autre à la fin de chaque côté de la bouillotte. Personnellement je vous conseille de mettre un marqueur à une ou deux mailles du bord, de chaque côté, pour faire vos augmentations à cet endroit et avoir une bordure plus jolie. Ce que je n’ai pas fait sur l’exemple, certes. C’était la première, j’ai beaucoup mûri depuis, voilà voilà.

Récapitulons.

On sait qu’on doit augmenter de 20 mailles en tout pour atteindre la bonne largeur, et comme on en fait 4 par rang il y aura donc 20/4 = 5 rangs d’augmentations, à répartir sur les 8 qui nous sont aloués.

Pour la répartition faites comme vous voulez, sincèrement. Je laisse toujours un premier rang endroit après avoir monté les mailles, mais après c’est comme vous le sentez.

(Précision : sur la bouillotte prise en exemple, j’ai tricoté le bas en côtes parce que j’avais envie, mais en général je procède en jersey classique).

Etape 4 : tricoter !

Là, c’est la zone freestyle. Vous pouvez compter combien de rangs il faut monter par avance ou avancer au feeling selon vos couleurs et motifs en vérifiant que vous n’allez pas trop haut. Il faut s’arrêter avant que le corps de la bouillotte ne commence à s’affiner vers le bec ! (C’est la plus courte description, et pourtant c’est la plus longue partie du tricot)

Etape 5 : diminutions

Il y a plusieurs écoles, là encore je vous donne -ma- méthode, mais vous faites bien comme vous le sentez.
Ce que je fais, si la forme le permet, c’est un miroir de mes augmentations. Dans l’exemple, si j’ai fait 5 x 4 augmentations, je vais aussi faire 5 x 4 diminutions.
Si ça vous semble insuffisant, vous pouvez diminuer davantage, encore une fois c’est très dépendant de votre matériel, spécifiquement la forme de votre bouillotte !
Quand c’est fait, j’aime bien partir en côtes 2 – 2, ou même 1 – 1 pour une laine plus grosse, afin de laisser le point resserrer la laine autour du bec de façon naturelle. De là, en général je mesure simplement la hauteur du bec ainsi que mon tricot et j’avance jusqu’à avoir la bonne longueur, avant de rabattre.

Etape 6 : ranger tous ces fils, aka : déchaîner les enfers

Si vous avez eu l’idée saugrenue de vous lancer dans de nombreux motifs colorés et joyeux, bonne chance. On est ensemble.

Voilà, c’est vraiment une recette basique mais j’espère qu’elle permettra à tout le monde de faire de super pulls à bouillottes ! Et n’hésitez pas à me biper si quelque chose n’est pas clair où si vous avez un doute, j’essaierai de répondre au mieux. Montrez moi aussi vos réalisations si ça vous dit, je suis toujours contente de voir des tricots ! 💜

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Panier
Retour en haut