La maille, c’est quoi ?

Ou “Pourquoi vous ne devriez jamais vous lancer dans l’art de la maille”

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De quoi ça s‘agit donc t-il, la maille ? Aujourd’hui, j’ai envie de vous proposer une petite introduction à cet art à la fois simple et complexe, bien évidemment entre tradition et modernité. Ça aurait pu être une vidéo, mais inutile de faire une vidéo quand on peut passer par le texte (et si on pouvait généraliser ce principe, ça serait pas mal, mais je digresse déjà). Donc c’est parti pour une introduction dans laquelle je vais commencer par vous convaincre de ne pas vous lancer dans la maille (un concept original, n’est-ce pas), et vous dire tout ce que j’aurais voulu savoir avant de m’y mettre ! Et si vous n’avez de toute façon pas envie d’en faire, n’hésitez pas à lire quand même pour étancher votre inextinguible soif de connaissance.


Les motifs et leur complexité

Quand on pense à la maille, on pense en premier lieu aux anciennes protections de combat, type haubert. D’après wikipédia, « La première mention des cottes de mailles est faite indirectement par Manéthon de Sebennytos, Égyptien du IIIe siècle av. J.-C. ». Cependant, cette information renversante est immédiatement pondérée par « Toutefois les propos qu’on rapporte de lui manquent de fiabilité et sont sujets à caution. » Sur le même article, on peut également lire « En Europe et au Proche-Orient, l’origine de la cotte de mailles a longtemps été attribuée aux Celtes, leur invention étant adoptée par les légions romaines, qui en ont été le principal vecteur de diffusion. Cependant, il semble qe ce type d’armure défensive ait été utilisée dès le IVe siècle av. J.-C. par les Étrusques. En réalité, Jean-Louis Brunaux, archéologue spécialiste de la civilisation gauloise, atteste de la véracité du fait que la cotte de mailles est bel et bien une invention celte dans de nombreux ouvrages ». Bref c’est pas clair, et quelque part on s’en fout. L’information important c’est que quelque part, à un moment donné, des gens ont réalisé que faire une sorte de tissu avec du métal évitait de nombreuses blessures, alors c’était grave tendance pendant quelques siècles.

Les motifs utilisés étaient plutôt simple, l’esthétique étant moins importante que le poids et la fonction. Mais l’art de la maille a évolué, du fait du déclin dans la demande de hauberts (un déclin qui reste à élucider).

Moi quand je devrais aller me coucher mais que je préfère crafter.
C’est beau, n’est-ce pas ? Allez lui donner des sous !

Certaines rumeurs affirment que c’est environ au 19ème siècle que les loutres ont décidé de faire revivre cet art perdu, comme l’atteste cette preuve indubitable : un cyanotype de l’époque victorienne BIEN ÉVIDEMMENT TOTALEMENT AUTHENTIQUE *toussote* et pas du tout réalisé par Loki*toussote*

Quelle que soit la vérité, il n’empêche qu’on ne peut visiblement pas empêcher les gens d’attacher des anneaux entre eux et l’esthétique de la maille a donc été utilisée pour faire des bijoux. C’est là que des motifs élaborés sont apparus, certains extrêmement complexes… Et c’est maintenant que ça se gâte.

Car si ce type de maille est faisable avec un grand nombre d’anneaux différents :

Ce genre de motif là demande une précision extrême dans le choix des matériaux :

Il mobilise en effet plusieurs types d’anneaux, de taille et de « gauge » (épaisseur du fil) différentes. Et si vous n’utilisez pas exactement les bons, au millimètre près, il se peut que vous ne puissiez tout simplement pas terminer votre motif. La précision peut être telle que même si la fiche produit semble correcte, le fabriquant aura un lot un peu plus fin ou épais, à cause de la couleur, ou de la matière, ou d’un mauvais alignement des planètes, qui vous mettra dans la m… Qui vous compliquera considérablement la tâche.

Une fois encore, certains motifs sont plus permissifs que d’autres, mais n’allez pas croire que vous pouvez impunément remplacer des anneaux de 4,2mm par des anneaux de 4,4mm ! Ah ah ah, doux enfant de l’été.


« Gauge » ?

Je ne trouve pas de traduction convaincante pour ce terme, alors on va garder le mot anglais pour ça. La gauge, c’est tout simplement (… J’ai dit simplement ? Attendez, on a pas fini) l’épaisseur du fil utilisé pour faire l’anneau. Car, oui, les anneaux ne sont pas générés spontanément à partir du néant, ils sont fabriqués à partir d’un fil enroulé autour d’un mandrin et découpés. On peut le faire à la pince ou à la scie, cette dernière méthode donnant un résultat bien plus net mais demandant aussi du matériel de pro. La gauge, donc, est une donnée tout aussi capitale que le diamètre intérieur de l’anneau. Là où ça se complique, c’est que dans le monde de la maille on utilise couramment deux systèmes différents : l’AWG (American Wire Gauge) et la SWG (Standard Wire Gauge). Et les deux ne correspondent pas du tout, voyez vous-même :

GaugeSWGAWG
122.64mm2.05mm
142.03mm1.63mm
161.63mm1.29mm
181.22mm1.02mm
200.91mm0.81mm
220.71mm0.64mm
240.56mm0.51mm

Et ne me lancez pas sur le système de mesures en pouces (inches), qui est une aberration et devrait être éradiqué dans les délais les plus brefs (on se retrouve avec des anneaux d’un diamètre de 11/64″ ou 15/32″, ce système a été créé par le démon ou, pire, un libéral).

Là encore, si on vous demande des anneaux de 20SWG, n’imaginez pas les remplacer par du 20AWG ou du 18AWG, à moins de connaître le motif et de savoir estimer votre marge de manœuvre. C’est abstrait ? Je vais essayer d’être plus claire, ne partez pas.


Ratio !

Le ratio, avant d’être un meme, est ici une indication très souvent utilisée par les mailleurs et mailleuses. Il s’agit en effet du rapport entre l’ID («inner diameter », diamètre intérieur) et la gauge. Avant de vous perdre, et comme il paraît qu’une image vaut mille mots, voici l’équivalent d’une courte nouvelle :

Le calcul est très simple, il s’agit de faire ID/Gauge = Ratio, arrondi au supérieur, mais la plupart des vendeurs d’anneaux vont l’indiquer de toute façon.

Si cette information est importante, c’est parce que c’est elle qui va définir combien d’autres anneaux peuvent passer au travers/s’accrocher dans un seul. Si vous n’aimez pas les chiffres, utilisons de la simple logique. En regardant la photo, on voit clairement que plus le ratio est grand, plus on peut s’imaginer faire tenir d’autres anneaux. Ainsi, dans l’anneau de 4,4mm de gauge 1,63 on peut, mettons, faire tenir 5 anneaux (estimation non vérifiée, juste pour l’exemple), alors que celui de 4,4mm dont la gauge est de 0,81 on peut possiblement en faire tenir 15. Un plus gros ratio d’anneau laisse ainsi plus d’options pour des motifs complexes.

Attention, un plus gros ratio n’est pas forcément « mieux » pour autant! Ainsi, pour un motif plus joli on va généralement chercher le ratio minimum avec lequel il fonctionne, pour avoir un aspect plus « plein » et pas trop aéré. On peut aussi faire l’inverse et chercher un ratio plus important pour donner une impression plus délicate. Par exemple, voici deux boucles d’oreilles créés avec des anneaux d’ID identique mais de gauge différente. (Elles sont en vente sur ma boutique d’ailleurs, hein, clin d’œil clin d’œil)

On voit tout de suite la différence entre la boucle violette, plus fine et délicate, et la boucle bleu, plus pleine et ronde. Encore une fois, ce sont les mêmes ID, donc l’importance de la gauge est cruciale, tant d’un point du point de vue de la réalisation (et de sa faisabilité) que du point de vue de l’esthétique.

Bon, certes, ça commence à faire beaucoup d’informations pour simplement attacher des anneaux ensemble.

On résume.

Pour les motifs réguliers, en général ceux qui utilisent une seule taille d’anneaux, on a souvent plus de choix et une marge d’erreur plus importantes. Mais pour les motifs qui demandent plusieurs tailles d’anneaux, il va falloir faire très attention à bien choisir ce qu’on utilise, sans quoi on risque de se retrouver avec un projet en pause qu’on ne peut pas terminer sans retrouver les bons anneaux… De toute façon, même en faisant attention, ça va vous arriver. Souvent.


RingS

Les anneaux, c’est le cœur de la maille. A moins d’être uniquement dans la reproduction historique, vous aurez envie de faire des jolies choses. Des trucs un peu originaux, esthétiques et potentiellement colorés. Il va donc falloir des anneaux, des tas et des tas, de tailles différentes, de matière différentes, de couleurs différentes si c’est votre truc. L’air de rien, ça va commencer à coûter de l’argent. En France, l’offre est quasi inexistante, il faudra donc se tourner vers l’étranger. Quelques adresses en Europe, le reste de l’autre côté de l’Atlantique. Du coup on essaie rapidement de faire moins de commandes mais de plus importantes pour rentabiliser les frais de port, et la moindre erreur de jugement fait alors très mal. Si vous êtes le fils ou la fille de Bezos, c’est un problème qui ne vous touchera pas mais pour le commun des mortels, dans cette économie, c’est quelque chose auquel il faut penser.

Une autre option est de se limiter à quelques motifs simples qu’on maîtrise parfaitement, et d’avoir seulement quelques types d’anneaux en stock. Mais bon, sincèrement… C’est pas fun.

Autre problème, le rangement. Mon ancien fournisseur (RIP, une vitcime du brexit) envoyait les anneaux dans des petits sachets plastiques et je les triais par taille (Gauge puis ID, pour être précise), et j’ai donc gardé ce système. Du coup, dès que quelqu’un récupère un petit sachet zip autour de moi, j’ai tendance à le fixer férocement jusqu’à ce que cette personne me l’offre de son absolu plein gré. On peut aussi utiliser des trieuses, et je suppose qu’il existe d’autres solutions mais je me tiens à mes petits sachets (recyclés, je récupère!). Dans tout les cas ça va prendre rapidement de la place, sans compter qu’il ne faut jamais, JAMAIS les mélanger. La situation deviendrait vite incontrôlable.


Outillage

A part les anneaux en nombre conséquent, il faut peu de matériel à proprement parler. Peu, mais pas n’importe quoi. Si vous avez déjà l’habitude de faire des bijoux, peut-être avez-vous ce type de pinces pour les anneaux utilisés notamment sur les fermoirs :

C’est pas très cher, et ça fonctionne pour s’entraîner. Mais si vous voulez vous engager sérieusement avec les petits anneaux, il faut les oublier. Le résultat sera dégueulasse, les anneaux seront rayés, et si on n’y prête pas attention pour un ou deux anneaux planqués sur un bijou, quand les anneaux sont l’essence même de votre bijou ça va se voir. Alors c’est plus cher, certes, mais il vous faut des pinces Xuron avec bec biseau. Soit les deux, soit une seule combinée à une Xuron à bec court. Le confort est incomparable avec les autres types de pinces, et la précision est adaptée à l’utilisation de tout petits anneaux, en plus des plus gros. Si le prix est un problème, ce que je peux comprendre, voilà ce que j’ai fait à mes débuts : j’ai acheté un paquet d’anneaux à bas prix et deux pinces du type de celles au-dessus, pour savoir si ça me plairait. L’investissement est moins risqué pour un simple essai. Après, si vous vous découvrez une passion pour la maille, alors vous viendrez naturellement aux pinces Xuron. Je ne suis pas sponsorisée (j’aimerais bien, par contre), donc si je cite cette marque c’est vraiment parce que c’est, à mon sens, la meilleure du marché pour cet usage. Mes paumes me disent merci.

Pour le reste, chacun sa méthode mais il vous faudra un « truc » pour récupérer les anneaux qui tombent (ils VONT tomber. Juré. Et plus c’est petit, plus c’est chiant à retrouver). Peu importe quoi, tant que vous êtes bien installé·e. Personnellement, j’ai fait une sorte de sac/bourse qui s’ouvre totalement pour faire un petit tapis rond, et l’intérieur est en tissu peluche. Ainsi, les anneaux qui tombent ne rebondissent pas, ils sont arrêtés par le tissu. Et ça permet aussi aux anneaux sortis pour le projet en cours de rester tranquilles. Là, je n’ai rien à vous conseiller, c’est vous et votre usage qui vont définir votre solution.


Un peu de matière

La matière reine de la maille, c’est l’acier inoxydable : solide, fiable, sans oxydation ni allergies… Mais tous ces bienfaits ont forcément une contrepartie : c’est pas donné, et puis ça manque cruellement de couleurs. En fonction de l’objet, ça peut aussi devenir assez lourd, mais bon pour des bijoux et autres petits accessoires ça reste anecdotique.

C’est aussi lourd que vous l’imaginez. Mais TELLEMENT classe !
Le meilleur choix de couleurs, de loin !

La matière la plus couramment utilisée, cependant, et l’aluminium. Et il y a de bonnes raisons à ça : certes moins rigide que l’inox, mais tout à fait assez solide pour la plupart des bijoux, l’alu combine cependant toutes les autres qualités de ce dernier plus quelques autres : un prix plus abordable, des options de couleurs supplémentaires, bref malgré une mauvaise réputation c’est un choix parfaitement raisonnable. Avant (d’essayer) de vendre, j’ai commencé par crafter pour moi et mes bijoux en alu sont toujours aussi beaux alors qu’ils sont portés h24 depuis plusieurs années maintenant. On en parle également assez peu, mais l’alu est totalement recyclable donc c’est, une fois encore, un choix raisonnable.

Plus anecdotiquement, on utilise aussi du cuivre, du bronze, du laiton, de l’argent, de l’or, du titane, du niobium… Tout dépend du résultat désiré. Mais il faut savoir à quoi s’attendre avant d’utiliser ce type de métaux plus ou moins précieux !

Je vais mettre le cuivre, le bronze et le laiton dans le même sac : l’aspect est sympathique, mais attention à l’oxydation. Elle peut faire partie intégrante du bijou, et dans ce cas pourquoi pas, surtout si c’est pour vous, mais si ça n’est pas le cas il faut penser à prévenir vos client·e·s ! Le bijou qui devient vert, si on n’est pas au courant, ça fait mauvaise impression. Ils peuvent aussi provoquer des allergies, alors attention avec les bijoux en contact direct avec la peau.

La magnifique couleur du cuivre, ici dans un élément de costume “viking”
Niobium bleu nuit, dans une couleur presque impossible à prendre en photo, mais magnifique !

Le titane et le niobium sont assez proches : grande solidité et totalement hypoallergénique, un choix qualitatif. Les couleurs sont toujours intéressantes avec un aspect particulier, un peu iridescent, mais attention : elles peuvent s’estomper. Il faudra dans ce cas les nettoyer doucement au savon.

L’or et l’argent : il faut garder à l’esprit que, malgré le prix, ils sont souvent tout simplement plaqués. Dans ce cas de figure, la souplesse des matériaux obligera à utiliser des pinces enduites de caoutchouc sous peine de laisser des marques dans les anneaux et, à ce prix, on s’en passe. Je comprends que leur image soit plus prestigieuse, et incitera des client·e·s à payer très cher un objet, mais pour ma part je n’utilise aucun anneau plaqué. Il n’y a aucune honte à dire qu’on porte un objet très qualitatif dans d’autres types de matières, et quand on recherche des bijoux faciles à vivre au quotidien en plus de l’esthétique, on se détournera de tout ce qui est plaqué, de toute façon.
Pour l’argent « plein » (99%) c’est différent, je peux le travailler sur commande explicite. Je sais que certaines personnes ne sont rassurées que par l’argent pour une question d’allergie, mais je sais par expérience que les SEULES options réellement hypoallergéniques sont le niobium et le titane (j’en parle sur ma page « Au sujet des allergies »). En revanche, si vous aimez l’aspect unique de l’argent, ou la patine qu’il gagne avec le temps, c’est une option à envisager.

Pour finir, on peut également incorporé des anneaux en caoutchouc, pour ajouter de la souplesse, ou encore des perles, et bien d’autres choses encore. Il ne faut pas avoir peut d’innover !

Anneaux en caoutchouc utilisés pour faire un bracelet sans fermoir.

Patience et longueur de temps font plus que deux tu l’auras

Dernier point, faire de la maille, c’est long. Je fais du tricot et de la broderie, et je trouve que c’est vraiment plus long, c’est dire. On ouvre un anneau. On l’ajoute au motif. On feeeerme l’anneau. Le temps de lire cette dernière phrase, vous aurez à peine réussi à l’ouvrir, en partant du principe qu’il était déjà dans les pinces, et pas dans son sachet, emmêlé avec ses petits camarades. Certaines personnes ont pour habitude d’ouvrir tous les anneaux qu’ils reçoivent, afin de ne pas avoir à le faire pendant leur burst de créativité… Mais je ne suis pas d’accord (ça alors). Déjà parce que, comme je le disais plus haut, rien ne dit que vous allez utiliser ces anneaux, ou pas avant un point indéfini du futur, point au niveau duquel, finalement, tout cela sera vain car les crises écologiques successives auront eu raison de notre société, ses derniers représentants vivants maintenant dans des bunkers souterrains à faire pousser des fayots en hydroponie et donc, finalement, plus très intéressés par des bijoux. Quoique, l’humanité peut toujours nous surprendre. TOUT CA POUR DIRE que je trouve que c’est une perte de temps de passer des soirées entières à ouvrir des anneaux qui ne seront peut-être pas, qui sait, utilisés.


D’autre part, certains motifs utilisent des anneaux qu’on aura pré-fermé plutôt qu’ouvert, pour gagner du temps. Dans ce cas, c’est un peu co- un peu dommage d’avoir ouvert les anneaux, ce qui les fragilise beaucoup, pour les refermer. Au delà de la perte de temps évidente, on risque d’avoir de la perte avec des anneaux qui vont se couper. Car c’est une chose qui arrive, et certains lots sont, disons-le tout net, complètement daubés pour une raison inconnue et vous aurez une perte énorme, même sans les maltraiter. Je me souviens d’un lot d’anneaux que j’ai pu exploiter à environ 60 %, le reste coupant systématiquement au milieu. Et sans vouloir me vanter, je sais ce que je fais donc les mauvaises manipulations sont exclues. C’est un exemple extrême mais ça arrive, il faut le savoir. Quoi qu’il arrive, de toute façon, un anneau ouvert et fermé plusieurs fois sera fragilisé au point d’articulation et risquera de se couper, alors autant éviter les manipulations autant que faire se peut.

Après, c’est mon avis sur la question, je n’ai pas forcément raison. Mais j’aime bien mes arguments, ils sont plutôt solides alors voilà. Hein. Bref.


Alors, pourquoi le faire ?

Je ne sais pas, si je devais recommencer en sachant tout ce que je sais, rien ne dit que je me lancerait de nouveau. La maille c’est beaucoup de frustration et d’échecs, pour un résultat peu attrayant pour le public et les potentiels client·e·s (qui préfèrent souvent quelque chose de cheap qui va se désagréger avec la première pluie MAIS qui semble plus élaboré, il faut être honnête). Il y a peu de clients, et si vous faites ça pour vous et vos amis ça va devenir rapidement envahissant. Pas comme, disons, du tricot ou de la couture qui vont trouver des applications pratiques immédiates.

Mais comme je le disais dans un thread Twitter il y a quelques temps, l’esthétique des chaînes est quelque chose qui me plaît, et que je trouve « mathématiquement satisfaisant. Comme quand on regarde des fractales, vous voyez ? ». Je suis également très attachée aux choses simples, aux objets sobres, bruts. Même si certaines créations sont un peu plus élaborées, c’est quand même cet amour du primitif qui me guide. Et puis, parfois, j’essaye de faire des choses qui vont plaire à d’autres que moi, parce que j’ai conscience que mes goûts ne sont pas universels. Quoi qu’il en soit, c’est quelque chose de profondément subjectif, mais ça peut être une raison d’en faire.

Quand il n’y a pas de pépin, c’est également assez relaxant à faire (mais attention, il faut trouver une position confortable sinon vos bras vont rapidement vous haïr, ou alors les pinces vous auront brûlé les paumes avant…). Je n’en ai pas encore parlé, mais pour stimer c’est également très pratiques, certains motifs se prêtant particulièrement bien à ça (et surtout les plus simples, ce qui est une bonne nouvelle). J’ai fait une bague qui me sauve quand je n’ai pas accès à mes bidules habituels, mais j’y reviendrais dans un article dédié à ce sujet, je crois

En définitive, ce n’est pas un loisir que je conseille si vous êtes limite niveau fric, que vous avez du mal avec les tâches répétitives ou que vous aimez avoir un résultat visible rapidement. Travailler pendant trois heurs pour avoir une simple chaîne sans fioriture à la fin, c’est pas pour tout le monde. Et c’est dit sans condescendance ou quoi que ce soit, j’ai sincèrement conscience que le résultat est rarement très sexy.


Un mot pour finir ?

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